Acheter responsable

Un axe fondamental de la RSE
Année 2014 - Revue n°459

Allianz France est engagée en matière d’achats responsables, que ce soit pour les achats liés au fonctionnement interne du groupe ou les achats concernant le cœur de métier assurance. Cette politque contribue au maintien de l’emploi en France.

Vous vous occupez des achats responsables pour Allianz France. En quoi ces achats s’inscrivent-ils dans la politique RSE du groupe ?

Un préalable pour bien comprendre de quoi nous parlons. Il y a deux types d’achats : les achats qui rentrent dans les frais généraux et les achats assurantiels. Dans les frais généraux, il y a par exemple le mobilier de bureau, l’exploitation des bâtiments, la flotte de véhicule ou encore les déplacements de personnels.

Depuis une dizaine d’années, le dossier de la responsabilité sociale et environnementale a considérablement évolué. Auparavant, on parlait surtout de développement durable et d’environnement. La politique RSE impacte maintenant toute la politique du groupe et un grand nombre de décisions. C’est bien plus profond qu’une question d’image pour l’entreprise. L’achat responsable intègre un esprit d’équilibre entre les parties prenantes autour de trois piliers : l’environnement, le social et le sociétal ou pilier économique. Chacun de ces thèmes impacte profondément la politique d’achats du groupe, même si nous gardons à l’esprit que les achats doivent créer de la valeur pour le groupe et ses fournisseurs, qui peuvent aussi devenir des clients.

En ce qui concerne le volet environnemental de la RSE, nous travaillons entre autres avec AREF (Allianz Real Estate France) qui gère notre patrimoine immobilier. Tous les bâtiments que nous restructurons possèdent une certification environnementale : nous sommes en train de rénover un de nos immeubles à la Défense, il obtiendra à la fin des travaux une triple certification environnementale et un label « bâtiment basse consommation ». Nous avons aussi une flotte de près de 4000 véhicules. Nous formons les commerciaux à l’éco-conduite et les résultats sont là : une conduite économe en carburant mais aussi une conduite apaisée, qui prévient mieux les accidents. Notre flotte est composée à plus de 5 % de véhicules hybrides et nous essayons de faire augmenter ce nombre.

Grâce à ces actions, Allianz France possède une des flottes de véhicules professionnels la moins émettrice de CO2. Nous privilégions aussi la consommation d’électricité d’origine 100 % renouvelable qui permet de baisser les émissions de gaz à effet de serre. La RSE se niche dans tous les aspects de la vie de l’entreprise : par exemple, lorsque nous devons changer les moquettes de nos locaux. Tous les gaz à effet de serre générés par la fabrication des moquettes sont compensés par le soutien de projets de réduction de gaz à effet de serre dans des pays en développement.

Le volet social de la RSE est aussi présent dans la politique d’achats du groupe. Nous accordons une grande importance à la question de l’emploi des personnes handicapées. En 2013 Allianz France a poursuivi ses actions pour le recrutement (présence sur de nombreux forums, et « job boards », projet écoles, partenariats associatifs, appels à des cabinets de recrutement), et intensifié l’accompagnement des collaborateurs qui déclarent leur situation de handicap. Pour favoriser l’emploi des personnes handicapées, nous nous efforçons de travailler le plus possible avec les ESAT. Nous leur confions des prestations telles que les plateaux restaurant de certains événements, l’entretien des espaces verts et la gestion des déchets qui passe par le tri du papier et du matériel informatique. Pour améliorer l’intégration professionnelle des personnes handicapées, nous réfléchissons aussi à d’autres types d’achats qui pourraient être externalisés vers des entreprises du secteur adapté.

Le volet sociétal est quant à lui fondamental car il participe à l’économie. Les PME françaises sont nos principaux fournisseurs. C’est le secteur qui embauche, et de loin, le plus de personnes en France. Il y a près de deux millions de petites et moyennes entreprises sur notre territoire. Si chacune d’entre elles embauchait une personne, le chômage disparaitrait presque. Allianz met un point d’honneur à soutenir ce secteur. Nous payons nos fournisseurs conformément aux clauses de nos contrats. C’est un acte simple mais déterminant : en 2012 le quart des PME en faillite a été réduite à cette extrémité parce que les factures n’avaient pas été payées dans les délais. Payer ses fournisseurs dans les temps est aussi bénéfique pour Allianz (meilleures conditions de négociations et, lorsque c’est le cas, service après-vente plus rapide), ce qui revient au bout du compte moins cher à Allianz. Nous engageons aussi nos fournisseurs à poursuivre la même politique RSE que nous et nous exigeons également que le personnel de nos sous-traitants soit déclaré, que l’entreprise concernée ait payé ses impôts et ses cotisations sociales comme l’exige la loi.

Dans notre process achat, nous avons inclus des concepts permettant à des TPE et PME de devenir des partenaires d’Allianz France sans que le poids de notre groupe soit un frein à cette relation.

Pour tous les achats, nous ne cherchons pas à acheter à des coûts toujours plus réduits. Les acheteurs de notre groupe ne reçoivent pas de primes en fonction des économies réalisées. Ils ne sont pas poussés à réduire les coûts. Cette éthique ajoute des contraintes supplémentaires pour les acheteurs : le délai, le service après vente, la qualité, la dépendance, les critères environnementaux… Les acheteurs regardent avec beaucoup d’attention les fournisseurs les plus volontaristes sur les sujets RSE.

En ce qui concerne les achats assurantiels, nous avons des contrats avec de nombreux experts sur l’ensemble du territoire français, mais aussi avec des entreprises d’expertise automobile, des garages. Nos implantations commerciales et notre poids dans la filière de l’assurance automobile imposent aux acheteurs d’être attentifs à la consolidation de cette filière. Lorsque nous faisons travailler des entreprises de service, de nettoyage par exemple, nous faisons des appels d’offre dans lesquels doivent figurer le fait que les salariés sont bien déclarés, et que les règles de l’OIT ainsi que les règles et relations de travail de la profession soient respectées. Les dirigeants doivent signer une attestation sur l’honneur sur ces questions. Nous nous posons toujours les questions suivantes avant de passer des contrats : les employés sont-ils déclarés ? Les droits des salariés sont-ils respectés ?

La responsabilité sociétale de l’entreprise Allianz France, c’est cela : s’assurer de la pérennité de ses fournisseurs et contribuer au maintien de l’emploi dans de bonnes conditions. Allianz est d’ailleurs signataire du « pacte PME » qui a pour but de faciliter l’adaptation des PME aux pratiques achats des grands comptes.

Existe-t-il une réglementation qui encadre les achats responsables ?

Il existe la norme « achats responsables NF X 50 135 » diffusée par l’AFNOR. Nous sommes aussi signataires de la charte des relations fournisseurs responsables, élaborée en 2010 par le ministère du redressement productif et la CDAF (Compagnie des Dirigeants et Acheteurs de France). L’objectif de cette charte est d’engager les grands donneurs d’ordres signataires à mettre en place une démarche de progrès vis-à-vis de leurs fournisseurs et notamment les TPE et PME. Dans tous les pays et dans toutes les entreprises, on achète aujourd’hui de la même manière : on définit un besoin, on rédige un cahier des charges, on négocie et on contractualise. A la fin de 2015, si tout va bien, la nouvelle norme définira les principes de l’achat responsable.

La France est en avance sur les questions d’achats responsables. C’est même un pays moteur et considéré comme tel par l’Union Européenne pour toutes ces questions. Les Etats-Unis, la Chine, plus de 40 pays, et l’OCDE soutiennent l’élaboration de cette norme.

Le label « Relations Fournisseurs Responsables » est à ce jour la seule distinction qui vise à distinguer les entreprises françaises ayant fait la preuve de relations durables et équilibrées avec leurs fournisseurs. Ce label impose dix engagements qui sont étroitement contrôlés par un cabinet indépendant. Les acheteurs du groupe labellisé doivent notamment assurer une équité financière vis-à-vis des fournisseurs, réduire les risques de dépendances réciproques entre donneurs d’ordres et fournisseurs, impliquer les grands donneurs d’ordre dans les filières, veiller à la responsabilité territoriale de l’entreprise ou encore fixer une politique cohérente de rémunération des acheteurs.

Ces dernières années, la fonction Achats a pris de l’ampleur dans les entreprises. Son développement est lié au besoin de rationalisation de fonctionnement dans les grandes entreprises et d’économie des coûts de fonctionnement. La fonction Achats est une des clés pour la mise en œuvre pratique de développement de la RSE.

Par la gestion des choix effectués, des fournisseurs, des compétences et des normes, les achats sont au centre d’un écosystème incontournable dans tout projet RSE.

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