Formation et soutien professionnel des cadres

La nouvelle offre du CREFAC
Année 2014 - Revue n°458

Le CREFAC (Centre d’étude et de formation pour l’accompagnement des changements) est un organisme de formation professionnelle pour cadres. Il propose des sessions de deux jours avec des intervenants extérieurs de haut niveau, en laissant une large place aux échanges et au partage d’idées, de propositions et de solutions. L’objectif poursuivi est de permettre aux participants de prendre du recul par rapport à leurs pratiques professionnelles, voire aux difficultés qu’ils rencontrent, et les aider à réfléchir à la cohérence entre leurs pratiques et leurs valeurs personnelles.

Pouvez-vous nous présenter le CREFAC ?

Depuis 1972, date de sa création, plus de 15 000 personnes ont été formées par le CREFAC.

A l’origine, un groupe d’ingénieurs et cadres de l’Union Confédérale des Cadres CFDT décide de créer un organisme dont l’objet est de permettre à des cadres, souvent autodidactes, de s’adapter aux changements importants qu’ils rencontrent, changements technologiques et organisationnels notamment. Un premier stage pour cadres demandeurs d’emploi est organisé. Son titre, « Promotion des compétences », reflète le projet des fondateurs. Depuis, le CREFAC a aidé de nombreux cadres à se former et à retrouver un emploi à travers des formations de plusieurs semaines orientées vers le développement personnel et l’actualisation des connaissances ou encore à se reconvertir vers les métiers de la gestion, la comptabilité, les technologies de l’information et de la communication (PAO, Web, réseaux…) ou la logistique.

Le CREFAC a également mené, dès les années 1980, des nombreuses actions avec les entreprises d’accompagnement des salariés dans l’évolution de leur carrière. Pour l’encadrement, il proposait des formations au management dit participatif ou situationnel. Pour des employés et gradés du secteur bancaire, il offrait une mise à niveau des compétences à travers des cycles longs (plus de 50 jours par session). En milieu industriel enfin, il donnait la possibilité, pour le personnel ouvrier, de suivre une démarche de formation-action de développement des compétences professionnelles transversales, des savoirs de base, touchant souvent un grand nombre d’opérateurs.

Le désengagement de l’Etat en matière de formation et notamment la disparition en 2005 du dispositif FNE Cadres qui avait financé de nombreuses formations lors des reconversions industrielles des années 70 et 80 ont mis fin à ces actions.

Pourquoi avoir fait le choix de relancer le CREFAC ?

En 2012, le CREFAC, était sur le point de disparaître. Philippe Wera, alors président, a contacté la CFDT Cadres qui a vu un intérêt immédiat à relancer cet organisme. En effet, lors de nos déplacements dans les entreprises ou lors de réunions organisées pour des cadres CFDT, les demandes de formation managériale étaient nombreuses. Les cadres exprimaient le souhait de réfléchir à leur métier de manager et de parvenir, autant que possible, à exercer leur fonction en adéquation avec leur éthique personnelle, une éthique souvent proche des valeurs promues par la CFDT. La demande de ces cadres était forte en particulier en ce qui concerne l’évolution du management et le rôle des managers, la charge de travail et l’équilibre de vie, l’usage des technologies ou la responsabilité sociale des entreprises. Nous étions conscients de ce besoin spécifique mais n’avions pas de solution concrète à apporter. Le CREFAC devenait une réponse possible.

Nous nous sommes engagés dans une période expérimentale de deux années pour construire une nouvelle offre et évaluer la pertinence de son apport et de son modèle économique.

La grande différence entre le CREFAC et de nombreux organismes de formation plus classiques tient au fait que nous ne cherchons pas à proposer des solutions toutes faites et que nous nous référons à des valeurs partagées, comme l’émancipation des collaborateurs, la qualité du travail... Par les apports conceptuels et les partages d’expérience, nous voulons aider les stagiaires à construire des solutions adaptées à leurs parcours et à leur environnement de travail. Cette approche et cette démarche se démarquent des offres habituelles qui proposent en général des outils. Une autre particularité de nos formations est leur caractère transversal. Les cadres viennent de tous les métiers et de toutes les régions. Le CREFAC leur permet d’échanger et de rencontrer des réalités professionnelles différentes. Cet espace de parole est une vraie richesse pour les participants. C’est pour eux l’occasion, et souvent aussi la surprise, de voir que les questions relatives aux pratiques managériales sont souvent les mêmes, quel que soit le secteur professionnel concerné. Lors d’un stage par exemple, de nombreuses similitudes sont apparues entre le travail d’un manager de Renault et d’un autre de la DGFiP (Direction Générale des Finances Publiques, ministère de l’Économie et des Finances). A l’issue de ces stages, la liberté de parole est plébiscitée par les cadres.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les formations qui sont aujourd’hui dispensées par le CREFAC ?

Les stages sont organisés autour de séquences d’apport conceptuel avec des intervenants extérieurs de haut niveau et de séquences de travail en atelier suivies de restitutions favorisant une coproduction / partage d’idées, de propositions et de solutions pour progresser. Ces sessions durent deux jours. Une large place est donnée aux échanges interactifs entre les participants eux-mêmes et avec les intervenants, aux travaux et productions en sous-groupes.

En 2013, deux modules ont été proposés : « Charge de travail et équilibres de vie » ainsi que « Management et performances en questions », deux fois chacun.

La première session lancée en 2013 était consacrée à la charge de travail et aux équilibres de vie. Elle permet aux participants de se situer à deux niveaux, personnel et professionnel. Au niveau personnel, chacun définit à l’aide d’une grille d’analyse des éléments sur son temps de travail, sa charge de travail (physique, mentale, stress mais aussi éléments de plaisir), ses propres contraintes et les limites qu’il souhaite poser pour respecter ses propres équilibres de vie. Au niveau professionnel, comme cadre, manager ou managé, une première grille d’entretien est suggérée aux participants des ateliers, afin d’acquérir une méthodologie pour conduire un entretien sur ces questions, à travers l’exemple de l’entretien annuel obligatoire (Art L 3121-46 du Code du Travail) pour les cadres au forfait annuel jours. A titre d’exemple, cette méthodologie évoque les dépassements horaires, la question de la charge de travail ressentie, le travail à domicile, les congés et RTT, etc. A l’issue de ce travail, chaque atelier propose un guide d’entretien réutilisable en situation professionnelle.

Le travail collectif permet ainsi une co-construction d’un outil d‘aide à l’expression sur temps/charge de travail et équilibres de vie. La formation comporte également un point sur les aspects juridiques en vigueur et l’état de la jurisprudence.

La deuxième session lancée en 2013 portait sur le management et les performances. Elle s’adresse aux managers, chefs de projet, cadres ou personnes ayant une fonction d’encadrement et qui s’interrogent sur la cohérence entre leurs valeurs et leurs pratiques managériales.

L’objectif de cette session est de permettre aux participants de questionner leurs propres pratiques professionnelles en matière de management : rôle du manager, fixation et atteinte des objectifs, organisation du travail, évaluation, animation de la coopération… Cette session comporte des apports conceptuels sur plusieurs points structurants pour le travail de management tels que la question et la signification de la performance et l’analyse de son caractère collectif, la fonction et le rôle des managers dans les organisations, ainsi que la question de l’évaluation, collective ou individuelle. Elle vise aussi, en partant du vécu des stagiaires, à les aider à porter un regard critique sur cet existant en analysant ce qui marche ou ne marche pas, va bien ou pose problème, est source de tensions ou de dilemmes, ce qui est imposé ou relève de leur propre initiative, avec l’interrogation sous-jacente : « mes pratiques managériales sont-elles conformes à mes valeurs, à mon éthique personnelle, à ma déontologie professionnelle ? ».

Et pour 2014 ?

Notre catalogue s’enrichit !

Suite au bilan très positif effectué en fin 2013, deux nouvelles sessions sont proposées en 2014, l’une abordant plus spécifiquement le service public, ses évolutions et les spécificités du management dans les services ou établissements ayant mission de service public, l’autre abordant le rôle des ingénieurs, leur responsabilité sociétale autant technique. La place et le rôle des ingénieurs seront mis en perspective historique, les questions de risque et d’éthique seront abordées.

Ces modules permettront aux participants de réfléchir à leurs choix et désirs professionnels, aux difficultés comme aux satisfactions, à leur positionnement professionnel et sociétal. Le CREFAC souhaite ainsi montrer qu’il répond effectivement aux attentes des cadres, ce qui est son objectif et sa motivation.

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