Les travailleurs sociaux de la CAF

Année 2018 - Revue n°476

L’action sociale des caisses d’allocations familiales (CAF) illustre l’importance de la politique familiale en France. Elle est donc une mission de service public et ce partagée avec des institutions, notamment les collectivités locales. Dans les années soixante-dix, les prestations de service se développent. Une caisse d’allocations familiales est un organisme privé gérant des fonds publics, donc les salariés et par conséquent les travailleurs sociaux n’ont pas le statut de fonctionnaires. La Branche Famille est placée sous la tutelle du ministère des Affaires sociales, et de la Santé. Dans les décennies quatre-vingt et quatre-vingt-dix, l’action sociale des CAF affirme sa vocation familiale et la priorité donnée aux enfants. Nous sommes passés cependant d’une approche paternaliste à un accompagnement des évolutions sociales, notamment l’accroissement des séparations et le développement des familles monoparentales, très majoritairement des femmes seules. Les conseillères en économie sociale et familiale participent à l’accompagnement des familles allocataires vulnérables et en difficulté financière. Il faut les faire à réfléchir sur leur façon de gérer leur relation avec l’argent, mener des actions de lien social, etc. Les travailleurs sociaux des CAF répondent aux besoins locaux en concertation avec les différents services et acteurs sociaux de la collectivité. Il s’agit de détecter un droit chez l’allocataire : le gestionnaire a une approche globale.

La branche Famille accompagne les familles, dans toute leur diversité et sur tout le territoire avec une offre de service qui combine le versement de prestations (garde d’enfants, aide au logement, aux personnes handicapées, gestion des minima sociaux, etc.) et la mise en œuvre de dispositifs d’action sociale (crédits en faveur de la création et du fonctionnement des crèches, des accueils de loisirs, des centres sociaux, aide à domicile, aides individuelles, prêts à taux zéro aux familles, etc.). Mais si « le travail social s’est longtemps constitué comme un étendard des Caf, un des fleurons de la branche Famille, les évolutions récentes ont effilochés cette perception » (J. Ancelin, cité par C. Avenel M.-A. Cathelain). Les lois de décentralisation ont amené les déconventionnements avec les conseils généraux et engendré un repositionnement sur des finalités et des missions nouvelles du travail social, mais sans que cette étape n’ait été véritablement anticipée. Et ce dans un contexte économique et social caractérisé par de fortes turbulences : montée en puissance du chômage et de la précarité de l’emploi. Ainsi, la décentralisation du RMI puis du RSA consacre le rôle des CAF comme organisme payeur de la prestation, mais elle conduit également à l’établissement de nouvelles relations de coopération avec le département.

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