Syndicalisme et travail intellectuel Une innovation anglaise

Année 2006 - Revue n°419

Le Trade Union Congress (TUC), la grande confédération syndicale britannique, a lancé fin avril un réseau de partage d’information réunissant syndicalistes et universitaires, avec comme ambition avouée de renouveler les idées et les représentations des uns et des autres. Cette idée peut évoquer l’Observatoire des cadres créé en 1996 par la CFDT Cadres, mais ce Union Ideas Network (UIN) est davantage conçu comme un réseau que comme un centre de recherche. Il sera hébergé par le Centre pour les relations industrielles de l’Université de Keele et le Centre de recherche sur l’emploi et le travail de l’Université de Northumbria.

Fondé sur des expériences réussies de collaborations théoriques comme le Réseau de recherche du syndicat écossais et celui du syndicat de Londres, l’UIN vise à recruter des spécialistes des relations industrielles et de l’emploi, mais aussi des universitaires dont l’expertise porte sur d’autres champs, comme les égalités, la régénération économique et les retraites.

Il s’agit d’offrir aux responsables syndicaux et aux chercheurs un accès facile à une base d’articles théoriques et d’informations ; le réseau permettra aussi aux syndicats d’identifier plus rapidement les laboratoires d’idées et les instituts de recherche dans les régions où ils travaillent. Cette initiative devrait aussi faciliter les commandes passées par les syndicats auprès des instituts de recherche, mais aussi les offres collectives pour le financement externe.

L’UIN est ouvert aux universitaires, aux chercheurs, aux étudiants, aux responsables syndicaux, et pour adhérer il suffit de s’enregistrer en ligne sur le site www.uin.org.uk. Une fois enregistré, chacun peut créer sa propre page d’accueil personnalisée, en fonction de ses centres d’intérêt et des travaux déjà publiés. Les organisations sont aussi encouragées à s’inscrire à l’UIN. L’adhésion est alors payante : les universités et instituts de recherche doivent acquitter 75 livres par an, soit un peu plus d’une centaine d’euros.

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