Travail expressif, loisir intensif

Vers le mélange des genres ?
Année 2003 - Revue n°403

L’imaginaire de la création artistique est au centre d’une conception nouvelle du travail, associée à des pratiques et des valeurs empruntées à d’autres mondes, comme celui des loisirs. Le caractère expressif et non routinier de l’activité, l’autonomie, la plus grande liberté d’organisation de son temps caractérisent ainsi un ensemble de professions allant du cadre supérieur au graphiste. Par delà leurs différences, elles formeraient une véritable « classe » se reconnaissant dans le caractère « créateur » de son activité. Mais cette arrivée en force des valeurs du loisir dans le monde du travail va de pair avec l’intrusion des valeurs du travail dans le monde des loisirs. Après avoir rappelé les définitions classiques (notamment philosophiques) du travail, Pierre-Michel Menger s’attache à montrer les conséquences de cette évolution.

Deux visions antagonistes du travail

Dans une conception classique, celle sur laquelle s’est construite la prophétie d’une civilisation des loisirs, le travail est généralement traité comme une grandeur négative. Il est réduit à une dépense d’énergie individuelle, fournie en échange d’un salaire et des biens de consommation auxquels ce salaire donne accès. Dans cette perspective, ce sont le loisir et les biens de consommation qui sont source de satisfaction et de bien-être individuel ; le travail apparaît comme une « consommation négative », si l’on veut employer un vocabulaire économique. L’engagement sur le marché du travail, le choix d’exercer tel ou tel emploi relèvent alors intégralement d’un modèle assimilant le choix d’un travail à un simple arbitrage entre désutilité de l’effort et utilité des biens et du loisir à acquérir en contrepartie. Il me semble que ce type d’analyse simplifie à l’extrême la « grandeur travail ». Elle lui confère une homogénéité qui n’a en fait rien d’évident, et tend à masquer les degrés très variables de désutilité ressentie dans l’accomplissement du travail.

Il existe une vision strictement opposée, qui fait du travail une valeur typiquement positive, parce qu’il engage les ressources de créativité et d’expression de soi. Un bon exemple en serait le travail artistique. Il est célébré par toute une tradition d’analyse qui insiste sur la réalité extra-économique de l’activité authentiquement inventive, et qui, plus radicalement encore, désigne l’activité de création comme la forme idéalement désirable du travail. Cette tradition se confond pour l’essentiel avec l’histoire du modèle de la praxis1, dont Marx a fait le levier de sa distinction entre travail libre et travail aliéné.

La création artistique occupe en effet une position exceptionnelle dans les premiers écrits de Marx et notamment dans ses Manuscrits de 1844, où est élaborée une esthétique générale de la praxis qui fait de l’activité artistique l’aune de toute critique du travail salarié. Le travail artistique est donné comme le modèle du travail non aliéné, de l’activité concrète par laquelle le sujet s’accomplit dans la plénitude de sa liberté et réalise pleinement son humanité. Le travail, aux yeux de Marx, devrait être pour chacun le moyen de déployer la totalité de ses capacités : ce qui suppose que l’agir humain ne se transforme pas en un simple moyen d’obtenir quelque chose chose. Rien n’est plus dommageable, pour Marx, que priver le travail de son sens, de ses motivations propres, et du résultat de son action. La création artistique prend alors valeur de modèle. Cette forme de dépense de soi a en effet pour premier bénéfice de permettre à l’individu de se connaître, de prendre possession de soi, d’accéder à l’autonomie. De là la critique marxiste de la division du travail, qui spécialise les capacités individuelles et mutile leurs détenteurs ; de là aussi la critique des rapports d’échange marchand, qui contribuent à purger le travail de toutes ses caractéristiques individualisantes et expressives, pour en faire une « désutilité ». Dans la société post-capitaliste imaginée par Marx, l’activité créatrice ne serait plus le fait d’une catégorie particulière de travailleurs spécialisés dans l’art ou dans la production scientifique, mais trouverait sa place dans la gamme des activités habituelles de chacun. Elle bénéficierait à la communauté sociale plutôt qu’à la réputation et à la réussite économique de tel ou tel individu.

L’artiste, la création, ont ainsi pu apparaître comme les figures par excellence qui permettraient de concevoir le passage du travail assujetti (aux nécessités naturelles et à l’exploitation capitaliste) à celui de l’activité libre2.

Dans ce courant analytique, l’activité créatrice constitue bien une balise, un repère annonciateur d’un monde meilleur où ce qui est aujourd’hui le privilège de quelques-uns sera demain le pain quotidien de tous, et révèlera ce qu’est l’essence même de l’humanité inventive, conquérante et civilisatrice. L’activité créatrice constitue aussi un instrument de critique sociale et économique radicale, puisqu’à l’aune de ce mode d’accomplissement, les formes actuelles de l’activité humaine peuvent être étalonnées selon leur proximité, et plus souvent selon leur éloignement, avec ce modèle.

La diffusion du travail créatif

Mais le monde capitaliste n’est pas en reste, même si ce n’est pas vers l’indivision mais, tout au contraire, vers l’approfondissement de la division du travail qu’il oriente ses prises. On n’a jamais insisté autant qu’aujourd’hui sur les ressources de connaissance et de créativité des travailleurs et de l’organisation3. Une grande variété d’auteurs et de penseurs voient dans les arts un modèle et un levier critique crédibles : philosophes et penseurs de l’au-delà du travail divisé ou des sociétés post-industrielles, théoriciens et praticiens de l’organisation, économistes occupés à déchiffrer le devenir du capitalisme. Tous mettent l’accent sur les valeurs d’innovation, de connaissance, d’apprentissage et de motivation.

Les industries de haute technologie, les activités d’expertise juridique, financière et gestionnaire, la recherche scientifique fondamentale et appliquée, le secteur de l’information et les industries de création forment ainsi une avant-garde, avec ses sites et ses vitrines (les districts où s’agglomèrent les « professionnels » dans les « villes monde » que sont Londres, New York, Los Angeles, Paris, Berlin, Tokyo, Shangaï), sa doctrine organisationnelle (le projet, le réseau, l’équipe, l’autonomie, l’implication, la qualité, le contrôle décentralisé, la responsabilité), et sa philosophie du travail fondée sur l’individualisation4.

Dans cette perspective, l’activité artistique ne suscite plus simplement cette fascination narquoise où se mêlent l’attrait et un soupçon de frivolité et d’improductivité. La valeur d’activité expressive et inventive incarnée dans le travail créateur s’infiltre aujourd’hui dans de nombreux univers de production :

  • par contiguïté : artistes, chercheurs, scientifiques et ingénieurs passent pour le noyau dur d’une « classe créative » ou d’un groupe social avancé, les « manipulateurs de symbole », à l’avant-garde de la transformation des emplois hautement qualifiés5 ;
  • par contamination métaphorique, quand les valeurs de la compétence artistique – l’imagination, le jeu, l’improvisation, l’atypie comportementale voire l’anarchie créatrice – sont transportées vers d’autres mondes productifs ;
  • par exemplarité : l’esprit d’invention communique avec l’esprit d’entreprise dans les jeunes et petites entreprises, l’organisation en réseau des activités créatrices et des relations de travail et de communication entre les membres des mondes de l’art fournissent un modèle d’organisation ;
  • par englobement : le monde des arts et des spectacles devient un secteur économiquement significatif.

S’agit-il d’idéalisations ou de prophéties inconsistantes ? Les analyses récentes, comme celle d’A. Chenu, sur l’emploi du temps des actifs permettent de prendre en compte simultanément les volumes de travail et les conditions d’organisation temporelle du travail (irrégularité des horaires, débordement sur les autres temps), et les degrés d’autonomie dans la disposition de son temps. Il est significatif que les professionnels des arts, des spectacles et de l’information soient ainsi typologiquement classés par Chenu dans la catégorie des « entrepreneurs » aux côtés des indépendants – agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprise, professions libérales – sur la base de critères comme la charge effective de travail, l’autonomie dans l’organisation du temps de travail, la variabilité des horaires d’une journée à l’autre et d’une semaine à l’autre, le sentiment de manquer de temps et d’être débordé, l’étendue des journées de travail, la part du travail à domicile6.

Ces résultats s’accordent avec les données disponibles sur l’emploi et l’organisation du travail dans les principales économies développées. On pourrait en conclure que se développe une avant-garde accordant au travail une importance et des valeurs auparavant associées aux loisirs, qui dessinerait le monde du futur.

Deux classes de travailleurs ?

On aurait ainsi, d’un côté, des travailleurs substituables7 à qui on demande moins, mais aussi à qui n’on offre pas grand-chose sinon des minima, de l’autre des travailleurs très qualifiés, plus autonomes, sollicités de s’engager fortement et continuellement8. Cette polarisation masque des ambivalences : en même temps qu’ils expriment la satisfaction liée à une plus grande autonomie, à une plus grande variété des tâches accomplies, et à une plus grande liberté d’organisation de leur travail, les cadres, davantage que les autres, font état des pressions qui s’exercent – sentiment d’être débordé, fatigue nerveuse, absence de frontières clairement établies entre les espaces et les temps respectifs du travail et du hors-travail. Mais le prix attaché au caractère formateur du travail, aux dimensions non routinières de l’activité, et à l’autonomie responsabilisante dans l’organisation est tout aussi indéniable que les insatisfactions.

En réalité, on trouve dans le monde même des professions intellectuelles supérieures et des cadres, ou chez ceux que la statistique anglo-saxonne appelle des professional, technical, managerial workers, toute une distribution de situations qui affectent les actes de travail d’un coefficient très variable d’expressivité, de créativité et d’autonomie. Ceux qui sont les professionnels de l’invention et de l’innovation, artistes et chercheurs des sciences et des techniques, composent assurément dans cet ensemble le cœur de cette avant-garde des manipulateurs de symboles : ce qu’on a pu appeler la « classe créative »9. Il peut paraître difficile d’extrapoler à l’ensemble de la catégorie des emplois supérieurs certains des comportements typiques, et parfois déroutants, de ce noyau, tels que les degrés élevés de motivation intrinsèque, dont le principe énonce que l’individu parvient d’autant plus aisément à se montrer inventif et librement créatif qu’il n’a pas d’objectif de gain ou de profit. Ce principe peut évidemment faire l’objet d’exploitations profitables de la part d’employeurs tout heureux d’un pareil effet d’aubaine, comme le montre l’enquête sur cette bohème moderne que constituent les « intellos précaires »10.

Pour considérer que le travail dans les emplois supérieurs se charge progressivement des valeurs qui font l’attrait des professions artistiques et culturelles, il faut supposer que vont de pair un enrichissement continu du travail en connaissances à forte valeur ajoutée, une créativité au travail mieux employée ou mieux sollicitée, et une organisation des relations collectives de travail et des conditions individuelles de travail largement ouverte sur l’autonomie et la mobilité de l’activité par projet. Nous ne pouvons pas dégager ici, comme nous l’avons fait ailleurs11, toutes les implications d’une telle contamination censément fécondante du travail très qualifié par les valeurs cardinales du travail expressif des créateurs. Au total, au vu des pratiques de travail des catégories socioprofessionnelles supérieures, une hypothèse peut aisément surgir : les valeurs mêmes du loisir, notamment le caractère expressif et non routinier de l’activité, l’autonomie, la plus grande liberté d’organisation de son temps, se seraient infiltrées dans l’activité de ces catégories, et la distingueraient nettement de l’exercice des autres professions où les valeurs d’engagement et de créativité ne sont pas centrales. D’où le pronostic d’un certain nombre d’auteurs qui voient se former un monde socio-professionnel dans lequel les emplois de haut statut, qui sont les plus convoités et les plus intéressants, seraient à présent largement identiques, par leur contenu, à ce que la classe de loisirs12 avait l’habitude de faire de son temps libre. Le travail et ses gratifications annoncées vampiriseraient en quelque sorte le loisir.

A quel résultat aboutissons-nous? Le travail à forte valeur ajoutée est de plus en plus demandé : c’est une dimension de la division internationale du travail comme des nouvelles segmentations sociales dans chaque espace national, où l’investissement continu en connaissances sera un levier inégalitaire de plus en plus puissant. Il engage des niveaux élevés d’effort auto-contrôlé, d’implication et d’investissement constamment renouvelé en connaissances et en expériences d’activité variables, sans lesquels les gratifications promises au travail à forte teneur en inventivité ne sont pas accessibles. Ce travail produit des œuvres, des connaissances, des techniques, des innovations, toutes destinées à être consommées majoritairement par ceux qui détiennent un volume croissant de loisir, mais qui n’accomplissent pas un travail expressif. Quant aux travailleurs infatigables de ce qu’on appelle aujourd’hui l’économie de la connaissance, qu’ils obtiennent des satisfactions qualitativement supérieures ; mais c’est au prix d’une intensification qui touche à la fois à leurs expériences de loisir et à la consommation des biens et services associés à ces loisirs – dépenser plus en moins de temps.

Le monde serait plus simple si le travail était une grandeur simple, dont tout travail complexe ne serait qu’un multiple13 : or il advient que les dimensions expressives entrent désormais couramment dans la cotation du travail et de son organisation, parce qu’elles sont les gages d’une meilleure productivité. Par là, la frontière entre utilité et désutilité du travail se brouille. Tout comme peut se brouiller la compréhension des arbitrages des individus et des ménages entre travail et loisir.

Vers l’intensification du loisir

Le monde serait également plus simple si, comme l’imagine Gershuny, après bien d’autres qui rêvaient de la civilisation des loisirs, le temps donné aux loisirs augmentait régulièrement, aux inflexions conjoncturelles près, et contribuait à créer une dynamique vertueuse où les producteurs de biens et services de loisirs seraient les nouveaux héros des temps modernes : leurs activités seraient de plus en plus consommées et pourraient ainsi contribuer de plus en plus directement à maintenir nos sociétés sur un sentier de croissance positive (bel et ironique hommage de la frivolité du divertissement ou de la production non utilitaire des arts à la rationalité calculatrice des scénarios de croissance). Après tout, la contribution des industries culturelles aux excédents ou aux déficits commerciaux d’une nation n’est plus une grandeur négligeable.

Confrontés aux évolutions récentes, et quelque peu désarçonnés pour fixer leur signification, les chercheurs ont dû dessiner, pour la partie de la main-d’œuvre et des règles d’emploi dont le comportement désobéit à la tendance séculaire à la baisse du temps de travail, le portrait d’un travailleur paradoxal : très qualifié, très sollicité de s’impliquer, bien ou très bien rémunéré (en salaire et en espérance de carrière, au regard des qualifications moindres), abrité de la précarité et du chômage, et pourtant contraint de dépenser tous ces gains dans des plages de loisir et dans des temps de consommation de plus en plus resserrés. S. Linder14, dans les années 1970, prophétisait l’avènement d’une « classe de loisir tourmentée », qui doit entasser une consommation sans cesse croissante dans un temps de loisir constant, voire rétréci. D’autres auteurs remarquent ainsi que si le temps de loisir de ceux qui ont les ressources monétaires les plus importantes ne s’élargit pas, il faut que son utilisation s’intensifie. Que le temps, faute de pouvoir être étendu, soit approfondi : par l’accumulation de pratiques simultanément accomplies, par la préférence donnée aux loisirs qui consomment moins de temps, par la programmation méticuleuse de ce que l’on va faire pendant son temps de loisir. Il s’agit en fait d’obtenir, par unité de temps, une valeur de divertissement ou de satisfaction culturelle supérieure.

De proche en proche, on peut voir s’échanger les attributs du travail et du loisir. Le travail de ceux qui travaillent davantage se charge des valeurs de créativité, d’autonomie, de motivation intrinsèque. Pour se loger dans les temps resserrés où ils sont alors confinés, les loisirs se parent des attributs de l’activité, allant jusqu’à obéir aux injonctions qui caractérisent ordinairement les façons de travailler sous contrainte de résultat : vitesse, variété, et multiplication intensive.

1 : L’origine de ce modèle remonte à Aristote, avec la vision de l’homme se réalisant dans l’action. Mais le philosophe grec parle d’une « pratique », plus que d’un travail au sens économique du terme ; ce qui tient pour partie à l’économie spécifique du monde antique, fondée sur l’esclavage. Les Grecs et à leur suite les Romains distinguent ainsi les formes nobles du travail, celles qui relèvent de la praxis (par exemple, l’usage de la parole, l’étude des lois) et les formes ignobles, réservées aux esclaves.

2 : Voir, par exemple, A. Gorz, Métamorphoses du travail, Paris, Galilée, 1988 ; C.W. Mills, Les cols blancs, traduit par A. Chassigneux, Paris, Maspéro, 1966. Dans L’Institution imaginaire de la société (Paris, Seuil, 1975), Cornélius Castoriadis voit dans l’activité de l’artiste (la « praxis ») comme dans l’activité de connaissance (la «théorie ») une activité consciente mais incertaine de ses résultats : orientée vers quelque chose mais sans en maîtriser absolument le cours, finalisée mais sans fin déterminée, pour rappeler la détermination kantienne. « Lorsqu’un artiste commence une œuvre (…), il sait et ne sait pas ce qu’il va dire ». Il en va de même pour l’activité théorique «qui ne peut garantir rationnellement ni ses fondements ni ses résultats ».

3 : Sur ce point, voir par exemple le « Focus » sur les centres d’appels téléphoniques, p. 23, et l’entretien avec Marcel Grignard sur l’industrie automobile, p. 53.

4 : L’individualisation n’est plus entendue alors comme la déclinaison des principes vagues et abstraits de l’individualisme, mais comme l’ensemble des ressources sociales, cognitives, affectives, émotionnelles qui orientent différentiellement les préférences et les comportements dans le travail.

5 : On notera à ce propos l’évolution de la figure de l’ingénieur, assimilée il y a un siècle à l’autorité beaucoup plus qu’à la créativité.

6 : Voir A. Chenu, « Les horaires et l’organisation du temps de travail », Economie et statistique, 2002, n°352- 353, pp. 151-167.

7 : Sur ce point, voir l’image des « salariés Kleenex » dans l’article de Michel Wieviorka, p. 7.

8 : L’employabilité de ces travailleurs étant indexée sur leur capacité à s’impliquer et à se motiver ; leur rémunération serait fortement indexée sur une réputation et des preuves tangibles d’engagement.

9 : Voir R. Reich, Futur parfait, trad. fr., Paris, Editions Village mondial, 2001; R. Florida, The Creative Class, New York, Basic Books, 2002.

10 : A. et M. Rambach, Les intellos précaires, Paris, Fayard, 2001.

11 : Sur les différents points évoqués dans cette section, nous prenons la liberté de renvoyer le lecteur à notre essai Portrait de l’artiste en travailleur, Paris, Editions du Seuil / La République des Idées, 2003.

12 : On entend par « classe de loisir » cette partie de la bourgeoisie du dix-neuvième siècle qui, à l’instar de la noblesse des siècles précédents, ne travaillait pas. Cette expression exclut généralement les « petits rentiers » du tournant 1900.

13 : Pour une illustration concrète de ce point, voir l’interview d’Yves-Frédéric Livian sur les centres d’appels, p.26.

14 : S. Linder, The Harried Leisure Class, New York, Columbia University Press, 1970.

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