L’autonomie est au cœur des réflexions contemporaines sur le management. Valeur positive, elle évoque la latitude pour s’exprimer et agir, la confiance - confiance accordée et confiance en soi -, la compétence de celui qui sait comment faire, la créativité. Une récente publication issue d’un travail conjoint entre La Fabrique de l’industrie, l’Anact, Mines Paris Tech et Terra Nova, invite à centrer la réflexion sur l’autonomie au travail. Elle y est présentée comme consubstantielle à la qualité de vie au travail (QVT) et un levier essentiel de performance et de compétitivité.

Mais c’est aussi une valeur contestée. Elle serait le signe de la montée de l’individualisme, entendu comme « chacun pour soi ». Comment développer la coopération au sein des collectifs de travail en même temps que l’on fait la promotion de l’autonomie et de l’engagement individuel ? Lorsque l’autonomie est prescrite, elle devient le symbole des injonctions contradictoires et des jeux de dupes. « Soyez autonome ! » et n’oubliez pas de donner vos chiffres pour le reporting ! L’enquête de la Dares Conditions de travail indique que le travail prescrit augmente pour toutes les catégories socio-professionnelles, ouvriers, employés, cadres. En 1998, 14,2 % des salariés déclaraient que leurs supérieurs leur disaient comment faire leur travail. Ils sont 19,3 % en 2013. Même répété, le mot ne fait pas la chose.

Ambivalence d’une valeur

Lorsque l’on demande à des salariés quelle expérience pratique ils ont de l’autonomie, les réponses vont du plus négatif au plus positif. Pour certains, le mot est vide de sens ou absent du vocabulaire professionnel. La réalité est l’augmentation des prescriptions, des normes, des procédures, des objectifs, du reporting. La cool attitude