La finance peut-elle sauver la planète ? La finance responsable n’est pas un concept récent, la finance « durable », « éthique » et « solidaire » se développe depuis plusieurs décennies. Depuis la crise financière des années 2007-2009, de plus en plus d’acteurs de la finance traditionnelle ont pris conscience qu’une vision court-termiste expose à des risques excessifs et n’est pas forcément la plus rentable. De nombreuses études montrent que les portefeuilles qui incorporent une stratégie « durable » présentent des résultats supérieurs aux portefeuilles traditionnels[1]. La notion de finance durable recouvre de nombreuses formes de la finance : obligations vertes, finance d’impact, fonds thématiques, stratégies de sélection, d’exclusion etc. S’il n’y a pas de définition officielle, les notions de long terme, d’investissement social et écologique sont généralement acceptées dans toutes les formes de finance durable. On distingue généralement la finance verte, qui soutient les actions et opérations financières qui favorisant une transition énergétique et financière des projets ne portant pas atteinte à l’environnement, l’investissement socialement responsable (ISR) qui résulte en l’application de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et la finance solidaire, qui finance des projets ayant un impact direct, (actions pour le logement, biodiversité, microcrédit…). La finance d’impact, forme spécifique de finance durable, est souvent assimilée en France à la finance solidaire.

En excluant la finance solidaire, les encours ISR en France représentent 1 458 milliards d’euros à fin 2018 selon l’Association française de gestion financière. Le marché est dominé par des investisseurs institutionnels (65%). Les fonds de gestion représentent 151 milliards d’euros, répartis entre fonds actions (28%), obligataires (18%), diversifiées (18%) et 34% investis dans des fonds monétaires qui traduis