L’ingénieur peut être expert, technicien ou manager, parfois les trois ensemble. Les identités professionnelles sont en effet mouvantes et multiples, même pour un même individu, même lorsqu’il poursuit toute sa carrière dans une même entreprise. L’ingénieur est marqué par sa formation initiale. C’est surtout vrai en début de carrière, à l’entrée dans la vie professionnelle. C’est ensuite de moins en moins vrai. Car peu à peu, le travail quotidien prend le pas sur le diplôme. Et c’est bien cette entrée par les identités qui permet de le montrer. Enfin, l’ingénieur doit trop souvent laisser de côté ses compétences techniques pour endosser les habits du manager s’il veut progresser dans son organisation. Ce choix contraint d’identité est dommageable à toute l’économie. Pour être compétitif, l’innovation est fondamentale. Et en niant le cœur du métier des ingénieurs, de la technique au profit du management, les entreprises se privent de ressources précieuses. Parler des identités professionnelles des ingénieurs et rappeler l’importance de leur identité première, l’identité technicienne, c’est ainsi également rappeler leur rôle moteur dans l’économie d’aujourd’hui et de demain.