Naguère, les choses étaient simples : la situation financière de l’entreprise était le déterminant central de l’emploi et un suivi critique des comptes permettait aux équipes syndicales d’évaluer la « justification » des décisions de management.

En revanche, au cœur des années 90, les déterminants de l’emploi se sont multipliés au point que des groupes financièrement florissants licencient chaque jour ; force est de constater que l’emploi se joue sur les recentrages, les diversifications, les repositionnements, les alliances et leurs corollaires opérationnels : reengineering, outsourcing, lean management et tant d’autres.

Il suffit pour s’en convaincre d’observer avec quelle fréquence des plans sociaux succèdent aux interventions des grands cabinets de conseil en stratégie, McKinsey, Boston Consulting Group, Booz Allen, Arthur D. Little ou Bain pour ne citer qu’eux.

Dès lors, sauf à se cantonner à la protestation ou à l’accompagnement social subi, une évolution des méthodologies d’analyse micro-économique des équipes syndicales s’impose. Elle n’est pas hors de portée.

En effet, l’appropriation des techniques employées par ces firmes de conseil souvent anglo-saxonnes permet aux représentants du personnel d’accéder à une véritable capacité d’anticipation, d’élargir leurs marges de négociation, et parfois de traduire dans le concret leur volonté de contre-propositions.

La prédictibilité des décisions stratégiques

La stratégie peut se définir comme étant l'« art d’allouer les ressources » – hommes, cash, et information – en fonction d’objectifs à moyen et long terme.

L’essence des interventions de conseil en stratégie est donc de