Près d’un salarié sur deux serait en surcharge de travail. Comment analyser ce phénomène ?

Catherine Pinchaut. La charge de travail est une donnée qui revêt une dimension subjective. Aussi ce constat conforte-t-il l’importance du ressenti, de l’expression des salariés qui appelle à une écoute renouvelée. L’intensification générale du travail est réelle, ce que confirment les enquêtes SUrveillance Médicale des Expositions des salariés aux Risques professionnels (SUMER) auprès des salariés de 50 000 entreprises privées et des trois versants de la fonction publique. Et rejoint les analyses de l’enquête CFDT Parlons travail selon laquelle le cumul de ses composantes caractérisant une charge de travail supportable ne concerne qu’un tiers des 200 000 répondants.

Comment les entreprises appréhendent-elles ce constat ? Il s’agit de creuser, métier par métier, ce qui fait défaut en terme de soutien auprès des salariés. Je parle de soutien organisationnel permettant au salarié d’aborder le travail dans sa complexité d’aujourd’hui, dont l’intensification ressentie est une conséquence. Une sociologue avait identifié par exemple les régulations opérées par des salariés de centre d’appels : ceux qui souffraient étaient ceux qui avaient le moins de connaissance de leur entreprise et de son organisation, qui se sentaient professionnellement isolés. L’intensification appelle à davantage de coopération.