Nous proposons de qualifier d’éthique, la réflexion qui intervient en amont de l’action et qui a pour ambition de distinguer la bonne et la mauvaise façon d’agir. L’éthique doit permettre à l’individu de faire valoir sa parole et ses intérêts propres, alors que la morale est un ensemble de règles universelles, qui s’imposent à tous. Toute la question éthique est celle de la tension entre intérêt personnel et respect des intérêts d’autrui.

L’éthique est la science du comportement, et la morale est le discernement entre le bien et le mal. Quant à la déontologie, c’est plus simple, elle est la science du devoir, attachée à une profession, et est obligatoire. En somme, « la morale, science du bien et du mal, permet de dégager une éthique qui est un art de diriger sa conduite, son comportement, qui s’exprime dans les principes guidant les aspects professionnels de ce comportement : la déontologie »[1]. Si l’éthique est essentiellement une réflexion individuelle, comment la transposer au niveau de l’entreprise ? La gestion d’une entreprise peut-elle être morale ? Il nous semble que « l’éthique organisationnelle »[2] peut se confondre avec celle de ses dirigeants. Elle est, en tout cas, la manière dont l’entreprise intègre ses valeurs-clés dans ses politiques, ses pratiques et ses processus de décision, y compris les règles légales et de conformité. Les démarches éthiques des entreprises reposent sur la formalisation de leurs engagements et sur leur transparence. Ce sont des engagements à bien se conduire, pris face à la société, publiquement. La formalisation de l’éthique est une démarche d’énonciation de ses idéaux, principes et finalités, ainsi que de ses droits et obligations. C’est une démarche volontaire qui se compose de valeurs, de responsabilités vis-à-vis des parties prenantes, de règles.