Les actionnaires salariés en position de faiblesse

Dans le numéro de Cadres CFDT d’octobre 2003, plaidant « Pour une nouvelle gouvernance économique et sociale », Jean-Paul Bouchet écrivait : « la défaillance des mécanismes de contrôle et de gouvernement d’entreprise peut conduire à des catastrophes financières, ruinant de nombreux actionnaires et des milliers de salariés qui subissent la double peine : perte de leur épargne-retraite et de leur emploi ».

Il peut être utile alors d’élever le débat en nous demandant pour commencer, si les protagonistes sont capables d’identifier les risques spécifiques découlant de la participation et ensuite, de proposer des voies nouvelles pour analyser et conjurer ces risques éventuels.

Le premier niveau de risque que nous pouvons identifier en ce qui concerne le développement de l’actionnariat salarié tient à l’asymétrie de l’information et au déséquilibre des pouvoirs qu’elle engendre.

D’une manière générale, les innovations découlant de l’ingénierie financière sont de plus en plus nombreuses et intimidantes par leur évidente complexité. Les épargnants n’ont pas les moyens de saisir toutes les subtilités des instruments très sophistiqués qui sont dérivés de leur épargne. Dans ce cas-là, proclamer le laisser-faire revient à leur demander de se laisser faire. Cette remarque vaut évidemment pour l’actionnariat dans sa globalité, mais en ce qui concerne plus particulièrement les salariés, la perspective d’un revenu patrimonial différé s’inscrit dans un projet d’épargne de précaution, notamment pour la retraite. Il est donc crucial, du point de vue de leurs représentants, de comprendre les mécanismes de garantie à mettre en œuvre : choix des fonds de pension, des audits, des banques.

Cependant, ce n’est pas à ce niveau que la science éco