Votée par un Comité d’entreprise à majorité CFDT, une expertise « libre » a été réalisée au premier trimestre 2008 chez un opérateur français de télécommunications, afin d’aider les représentants du personnel à élaborer leurs positions dans la perspective de la négociation d’un accord de GPEC. Cette intervention s’inscrit dans le prolongement d’un groupe de travail de Cadres CFDT qui, à l’initiative de Jean-Paul Bouchet, a engagé en France une réflexion et des actions dans le cadre du projet international MOOS, « Making Offshore Outsourcing Sustainable ». Elle est, pour l’intervenant que je suis, une nouvelle occasion de tester la pertinence d’une analyse critique des modes de gestion, par les entreprises, de l’expérience et des compétences des travailleurs.

Des soucis pour l’emploi à l’angoisse de perdre son métier

En co-analysant avec une soixantaine de volontaires (soit 5 % environ des salariés, répartis en groupes de 5 à 8 personnes) le travail qu’ils réalisent, et en les questionnant sur leurs perspectives professionnelles, il apparaît ceci : au moins autant, et sans doute plus qu’une critique des délocalisations, entendue comme une contestation de la rationalité économique des décisions et de la politique de transfert d’activités offshore, ce qui motive la critique des salariés est la manière de les mettre en œuvre : à proprement parler leur gestion.

Ce qui domine, on va le voir, c’est une mise en cause de la manière dont le management justifie les décisions, de la façon dont il s’y prend pour transférer – comme si de rien n’était, « business as usual », en déménageant les activités « à la cloche de bois » et en laissant les conséquences sur les métiers, l’emploi et les mobilités pour après. Ce qui fait monter le ton, c’est le sentim