Aujourd’hui, avec l’essor d’outils comme ChatGPT, Microsoft Copilot, ou encore Mistral AI, chacun peut interroger directement l’intelligence artificielle. Cette démocratisation marque une rupture majeure : l’IA devient un outil du quotidien, désormais accessible à tous. L’intelligence artificielle nécessite une phase d’observation de son écosystème afin d’en comprendre le modèle systémique. Derrière l’IA, il y a toujours une construction. Derrière la production automatisée, il existe des choix, des orientations et des cadres conçus par l’humain.

Dans la vidéo intitulée « IA et pensée humaine »[1], j’inscris cette exigence : replacer l’intelligence artificielle dans une architecture globale qui ne se limite pas à ses usages mais qui interroge ses fondements, ses équilibres et ses conséquences. Car l’intelligence artificielle ne peut pas être comprise sans son environnement. Sans son environnement, elle n’est rien.

Aujourd’hui, elle s’inscrit dans un véritable espace stratégique mondial, où s’affrontent les grandes puissances économiques, principalement américaines et asiatiques, GAFAM, NATU et BATX, dont certaines pèsent davantage que le PIB de certains États. L’IA repose sur un ensemble d’infrastructures matérielles et logicielles : réseaux, centres de données, câbles sous-marins, semi-conducteurs, constellations de satellites. Dans ce contexte, le numérique et l’intelligence artificielle deviennent des leviers de puissance, capables de structurer de nouvelles dynamiques à l’échelle mondiale. Ces dynamiques se traduisent notamment par l’émergence de nouveaux territoires de croissance, comme en Inde ou en Afrique, soutenus par une démographie dynamique avec le développement de villes intelligentes, offrant un accès élargi à des services essentiels tels que l’eau, l’électricité ou les transports. Face à ces mutations, l’Europe se trouve dans une position singulière. Elle est à la fois confrontée à une forme de dépendance technologique, et porteuse d’une ambition forte en matière de régulation. Elle cherche ainsi à construire un équilibre entre souveraineté et ouverture, entre capacité d’innovation et exigences règlementaires.

La France, quant à elle, ouvre de nouvelles perspectives, avec les évolutions juridiques, telles que la décision rendue le 15 avril 2022 (affaire Albea), qui reconnaît la possibilité de recours à l’expertise pour les CSE sur le sujet. C’est au sein des entreprises et des administrations publiques, tous secteurs confondus, que ces transformations prennent une dimension concrète, sur les organisations du travail, les compétences et les conditions d’exercice des salariés. Cette réflexion s’inscrit dans les priorités portées par la CFDT Cadres, en articulant les enjeux internationaux, européens, nationaux avec ceux des entreprises. en lien avec les orientations politiques de toute la CFDT Cadres et de Laurent Dumanche son secrétaire général. La véritable question n’est pas d’avoir une définition de l’intelligence artificielle mais de connaître son écosystème pour mieux imaginer ensemble ce que sera demain.


[1]-L’intégralité de la conférence à www.cadrescfdt.fr/actualites/ communique-de-presse-ia-et-pensee-humaine-enjeu-de-souverainete-role-des-organisations et la plaquette CSE à télécharger ou à commander auprès de la CFDT Cadres.