Le travail est un lieu de tensions que la responsabilité tant collective qu’individuelle permet de résoudre, où nous pouvons mettre en place des stratégies défensives tout en s’appuyant sur des régulations de nos activités pour se préserver. Nous avons la possibilité, que ce soit un choix conscient délibéré ou une possibilité adaptative, d’écouter ou de ne pas écouter cette vulnérabilité. La subjectivité se révèle être irréductiblement engrammée dans le corps quand le vécu d’une situation de travail bascule dans le déclenchement d’une pathologie. Il n’y a pas de raison de séparer les causes internes et externes de la pathologie tout comme il n’y a pas de raison de séparer les personnes réputées fragiles des personnes réputées solides. Il est essentiel de pouvoir nommer la vulnérabilité comme « ordinaire ». La modélisation des risques psychosociaux, qui aboutit à ce que les travailleurs fragiles exposés à des risques doivent être identifiés pour protéger l’entreprise avant qu’ils ne « dysfonctionnent », apparaît peu crédible pour rendre compte des différentes figures de la vulnérabilité ordinaire au travail. Celle-ci nous renvoie également à notre condition. Toute modification apparemment anodine peut déstabiliser notre équilibre. Mais l’inadaptation peut aussi être adaptation à des conditions dégradées, voire une conduite de résistance à ces conditions. La figure du handicap reste bien souvent construite sur un a priori d’inaptitude, caractérisant la personne alors même que l’inaptitude est définie par rapport à une situation.

 

L’organisation source de résilience, caractéristique de l’organisation performante

 

Il nous faut revenir sur une hypothèse implicite qui éludait l’importance de la vie humaine subjective et de ses médiations entre la santé et la situation de travail