La première idée qui vient à l’esprit, c’est bien sûr d’observer ce qui se passe au sein des écoles et des universités. L’exemple américain est significatif et il présente l’avantage d’être bien étudié.

Aux États-Unis, les femmes sont bien représentées dans les études scientifiques : en 2005, 45% des diplômés de mathématiques et 52% des diplômés de chimie étaient des filles. Mais elles n’ont obtenu en 2007 que 22,4% des mastères et 20,8% des doctorats. Clemencia Cosentino (Urban Institute, Washington DC) travaille depuis des années sur cette sous-représentation.

La littérature spécialisée, explique-t-elle, met généralement en avant le taux d’abandon des études scientifiques, qui serait plus élevé chez les filles. C’est vrai avant la licence, où elles n’obtiennent que 18,5% des diplômes d’ingénierie pour 30% des inscrits. Mais une fois inscrites dans les mastères spécialisés, les femmes ne décrochent pas plus que les hommes. En revanche elles sont peu nombreuses à s’y inscrire. Et elles sont encore moins nombreuses à pousser jusqu’au doctorat d’ingénierie.

Le Département de l’Éducation déplore ainsi un phénomène de « tuyau percé » qui voit diminuer la mixité à mesure que les étudiants avancent dans leur cursus. Le manque de préparation et de support est parfois pointé du doigt, mais il concerne aussi les garçons. Plus significatif apparaît le très faible pourcentage de femmes parmi les enseignants des filières spécialisées.

Or on connaît l’importance que peut revêtir l’existence de modèles dans le corps professoral, pour les groupes minoritaires. Le recrutement est effectué au niveau local, mais ce point fait désormais l’objet d’une politique fédérale volontariste. L’Europe pourrait s’en inspirer : après tout, il a fallu attendre 1992 pour qu’une femme, Claudine Hermann, soit nommée professeu