On sait que l’indicateur temps de travail, pilier des rapports sociaux traditionnels, était un indicateur opérationnel dans la société industrielle traditionnelle, mais ne l’est plus dans la société de l’information, car on peut de moins en moins le mesurer 1. C’est pourquoi, avec la mise en place de la société de l’information, il devient urgent d’inventer une autre unité de mesure du travail qui vienne compléter le temps. Par exemple, le partage du travail des cadres ne sera possible que si nous évitons de confondre « partage du temps de travail » et « partage du travail ». Réduire le temps de travail, qui se confond alors avec le temps de présence, pour partager les emplois est assez facile pour le personnel de production dans les systèmes industriels classiques. La production étant proportionnelle au temps de présence, réduire le temps de présence des uns veut dire créer des emplois pour les autres. C’est pour cela que la réduction du temps de travail reste efficace dans les secteurs et métiers traditionnels (personnel direct de production, personnel de ventes dans les magasins, personnel de garde dans les crèches...). Mais pour les métiers de la société de l’information, en particulier les métiers de cadres, aller vers une simple réduction du temps de présence, c’est prendre le risque de ne pas créer d’emplois, puisque la réduction du temps de présence peut non seulement induire une augmentation du temps de travail réel (car les technologies sont de plus en plus chronophages), mais souvent induire aussi une augmentation de la densité du travail de ceux qui ont un emploi (les salariés effectueront les mêmes tâches en moins de temps). La solution n’est plus alors de partager le temps, mais d’apprendre à partager les tâches et les responsabilités. Pour les cadres, partager en diminuant la densité de travail est la seule manière de créer des em