Dans le numéro de septembre 2011, le premier d’une série de trois revues Cadres consacrée au management, je posais déjà la question suivante : « La forme juridique, la taille, la forme de propriété du capital de l’entreprise, l’appartenance ou non à un groupe, le statut de sous-traitant ou de donneur d’ordre… sont-ils des déterminants des pratiques des managers ? ». J’aurais pu rajouter avant le point d’interrogation : « de la démocratie en entreprise et de la performance de l’entreprise… ». Je terminais cet article en précisant : « Pour avoir été membre de quatre comités de direction différents, je puis témoigner de l’affligeante pauvreté des espaces de débats, de confrontation, de l’absence de temps de délibération dans les lieux de décision des grandes entreprises. C’est malheureusement là une constante ! ».

Comment sortir des impasses dans lesquelles les crises successives, financière, économique, managériale, de responsabilité, nous ont conduits ? Aucune piste de réflexion ne doit être écartée, a priori. C’est le sens de la démarche que nous avons engagée depuis plusieurs mois, en lien avec l’Observatoire des Cadres. C’est aussi pourquoi nous avons souhaité donner la parole à différents chercheurs sur ces questions.

La question de la finalité de l’entreprise et du client final

La cogestion à l’allemande, le statut coopératif de production, l’intégration d’un objectif autre que le profit dans les statuts de l’entreprise comme l’expérimentent depuis janvier 2012 certaines entreprises américaines avec les flexible purpose corporations, la contractualisation d’accords de responsabilité sociale des entreprises dans de grands groupes à dimension multinationale ou le développement de l’économie sociale et solidaire, impu