Le travail s’est globalement intensifié ces dernières années. Quelle est votre réponse en tant que responsables RH ?

Dominique Massoni. Le sujet de la prévention des risques psychosociaux est apparu il y a 10 ans. Nous avons été précurseurs quand celui-ci émergeait, avec tout un ensemble de questionnaires de qualité diverse sur le marché du stress au travail. Nous avons décidé d’y travailler en engageant une négociation avec les partenaires sociaux, le temps entre 2007 et 2010 (accord sur la prévention du stress signé le 06 mai 2010) de défricher un sujet passionnel et complexe et nous avons opté pour une méthode robuste sur le plan scientifique. Dans la foulée de la réforme des retraites nous avons négocié un accord sur la pénibilité de façon plus large qu’en abordant la stricte question des seuils de pénibilité. Nous avons formé des ingénieurs et des managers à l’ergonomie, travaillé la déconnexion numérique au travail, etc. En 2012 l’accord sur la prévention de la pénibilité inclut une démarche de diagnostic, prévoit des mesures de prévention et de correction des situations de travail pénibles. Nous prenons appui sur l’émergence d’une tendance ou via une obligation légale et cherchons à aller le plus loin possible et à globaliser les enjeux.

Parallèlement nous avons décidé de monter un comité scientifique pour épauler nos démarches. Nous souhaitons réfléchir aux enjeux de stress, de vigilance, d’addiction, avec des ergonomes et des psychologues, confronter ce que nous faisons avec leur recul.

Jean-Michel Martin. L’an dernier nous avons cherché à améliorer la cohérence entre l’ensemble de ces dispositifs. Nous avons mis en place un comité de pilotage et de suivi pour l’ensemble des actions en matière de qualité de vie au travail (QVT). Nous y intégrons les questions de santé,