En revendiquant une réduction du temps de travail pour tous, et aussi pour les cadres, la seule manière de les en faire bénéficier était de leur octroyer des jours. Dès lors nous avons donc légitimement revendiqué le forfaits-jours.

Autonomes dans la réalisation de leur travail, de nombreux cadres ne comptent pas leur temps de travail… ni leur temps de repos. Plus que d’analyser le temps de travail, il s’agit de réfléchir aux rythmes, à la charge de travail et ce selon la nature de l’activité. Mais également selon les temps de vie : embauches trop tardives des jeunes cadres, ou départs trop précoces pour les seniors, les pratiques d’entreprises ou d’administrations entrent trop souvent en contradiction avec la vie personnelle du salarié ; a fortiori quand on envisage celle-ci de manière linéaire, tout au long de la vie. Enfin, les réorganisations opérées ces dernières années ont souvent eu pour conséquences la diminution du nombre de postes ce qui a reporté la charge de travail sur ceux qui restaient dans l’organisation.

La pratique du forfait jours est trop souvent instrumentalisée par les directions qui pensent avoir trouvé un moyen commode de supprimer toute référence horaire acceptable. Le passage en forfait jours n’implique absolument pas une augmentation de la charge de travail ni du temps de travail mais doit permettre une autonomie du salarié dans sa gestion de l’équilibre des temps vie professionnelle/vie personnelle. Le forfait jours ne dispense pas du contrôle de la charge de travail. Il est de la responsabilité de l’employeur de garantir une durée raisonnable de travail.

Cette réduction du temps de travail, avec un forfait-jours, les cadres y ont adhéré et étaient ravis. Depuis, différentes lois et des dérives nombreuses ont nuancé les propos.

Si nous sommes toujours favorables au forfait-jours, nous sommes engagés dans la lutte