La diversité des situations professionnelles et des modes d’expression questionne le travail de représentation des salariés. Actifs, retraités, salariés du privé, fonctionnaires, jeunes ou moins jeunes en insertion professionnelle… Il est exigeant aujourd’hui de militer, de négocier des droits, de gérer des systèmes de protection sociale, d’améliorer les conditions de travail, d’éviter un licenciement. Exigeant car nul ne peut aujourd’hui prétendre régenter par le haut, par la loi et par la norme des parcours professionnels désormais instables et des conditions d’activités de plus en plus intenses. Il est en effet loin le temps de ceux qui savent et pensent pour une classe ouvrière supposée unie et unique ! Il est loin le temps où obtenir des droits suffisait à améliorer la vie quotidienne professionnelle. Formation, pénibilité, précarité… Entre un accord national interprofessionnel et sa déclinaison au sein de l’entreprise, le chemin est long, complexe et demande beaucoup d’engagement aux acteurs pour transformer un acquis social en réalité sociale. L’énergie et l’optimisme militant se nourrissent alors de la proximité : négocier en entreprise, militer au plus proche de l’activité professionnelle, dialoguer avec les salariés. Le « pour eux » ne peut fonctionner sans le « avec eux ». C’est en tout cas ma conviction. La modernisation du dialogue social et le renouveau des espaces d’expression professionnelle semblent dessiner des modes militants exigeants en phase avec les salariés. Il se dessine ainsi un syndicalisme collaboratif, en phase et en écoute avec le « client final » qu’est le salarié.

Comment en effet parler de la qualité de vie au travail (QVT) sans s’intéresser au sens et à la finalité de l’activité pour celui qui travaille ? Le travail a pourtant été au cœur des préoccupations syndicales, de ses priorités aussi sans doute, mais sous