La première partie s’intéresse à la préhistoire de cette organisation, la seconde à la création du syndicat de l’économie sociale, à la naissance de sa revendication à représenter et les stratégies qu’il a déployées. La troisième partie s’intéressera quant à elle à l’obtention de la représentativité et ses conséquences pour l’organisation et plus largement le champ patronal de l’ESS. Comme nous le verrons, l’UDES a réussi à intégrer la « cour des grands », mais en est un membre à part, « associé » sans être décisionnaire dans les grandes négociations professionnelles.

 

  1. Préhistoire du syndicat employeur de l’économie sociale [1971-1997]

 

Pour comprendre les origines de l’UDES, nous pouvons remonter à la loi « Delors » du 16 juillet 1971, portant sur « l’organisation de la formation professionnelle continue dans le cadre de l’éducation permanente ». Celle-ci institue la participation des entreprises au financement de la formation professionnelle continue et prévoit que celles qui comptent plus de 10 salariés consacrent 0,8% de la masse salariale à la formation professionnelle. Ces entreprises ont alors le choix entre financer directement des actions de formation pour leurs salariés, verser au Trésor public le montant de l’obligation légale, ou affecter leur contribution à des organismes redistributeurs appelés Fonds d’Assurance Formation (FAF).

La loi précise que « le conseil de gestion de ces fonds (de salariés) doit être composé d’un nombre égal de représentants des employeurs et des organisations de salariés »[1]. La gestion du FAF est donc paritaire. Le collège salarié est composé des cinq syndicats, dont la présomption de légitimité est irréfragable, ainsi que de la Fédération de l’Éducation nationale. Le collège employeur est quant à lui composé des sept premiers signataires : le Groupement national de l