Valoriser l’intelligence manuelle

Christophe Chinas dirige une entreprise de charpente (chinas-charpente.fr) après avoir été enseignant. Il témoigne de ses choix dans un récit publié par le site Raconter la vie :

« [...] Les anciens me disent souvent : « Avant on avait plus de temps pour mieux faire, on n’était pas autant pressés. » La qualité de l’ouvrage aussi s’en ressent, on est souvent obligés d’aller trop vite, de faire les choses à moitié, et dans le pire des cas de « cacher la misère », c’est un cercle vicieux où le client n’a plus confiance, et pour de bonnes raisons, mais où il veut aussi toujours payer moins cher pour toujours « mieux ». Mais la qualité a un prix, et donc la qualité se fait rare…

[...] Le grand coupable c’est aussi la non valorisation de l’intelligence manuelle. Cette intelligence manuelle, qui lorsque je dis ma profession fait pourtant réagir les gens de la sorte : « Oh c’est un beau métier ! » Cette intelligence manuelle qui fascine lorsqu’il s’agit d’un chirurgien, d’un sportif, d’un musicien ou d’un artiste de renom, et qui peut être rémunérée par des millions, mais qui au jour le jour, pour le petit travailleur laborieux, cette intelligence n’est plus que son petit gagne-pain qui lui permet, s’il est habile et bon gestionnaire au mieux, ou sournois et voleur au pire, de bien vivre, et qui permet à plein d’autres de vivoter au milieu de leurs souffrances. Cette intelligence manuelle qui est mal connue, car peu considérée, peu étudiée, peu valorisée.

Et pourtant si j’ai quitté une vocation de professeur des écoles pour me reconvertir il y a sept ans, c’est qu’après avoir lu Piaget et Freinet, mon intellect me disait que l’expérience manuelle était un merveilleux chemin de découvertes, de compétences et de connaissances, et que mes mains rabougrie