S’impliquer dans le processus de décision européen peut se faire par différentes façons pour les syndicats. La plus connue est le dialogue social qui a lieu au niveau interprofessionnel par le biais de la Confédération européenne des syndicats (CES) et Eurocadres, et sectoriel, au niveau des fédérations européennes comme IndustriAll (industrie), UNI Europa (services), la ETF (transports), etc. Ce dialogue n’est pas la seule façon d’agir. Selon l’article 154 du Traité de Lisbonne sur le « fonctionnement de l’Union européenne », les partenaires sociaux doivent être consultés pour toute initiative dans le domaine de l’emploi et des affaires sociales. Par ailleurs, des réunions statutaires existent entre la CES avec certains comités statutaires du Parlement et de la Commission. Et avec l’initiative Better Regulation1 de la Commission Juncker, la consultation directe du public via des questionnaires en ligne ou des groupes de travail a été vivement encouragée. C’est pourquoi la CES a pris conscience de ces formes d’influence et a construit avec l’Institut syndical européen une formation et un guide sur la manière d’influencer les processus de décision en Europe2.

Le lobbying, une activité à part entière

Prenons la définition du lobbying de l’organisation non gouvernementale (ONG) Transparency International (TI) : « toute communication directe ou indirecte avec des responsables publics, des décideurs politiques ou des élus aux fins d’influencer la décision publique par ou au nom d’un groupe organisé »3. On le sait peu, mais Bruxelles constitue la deuxième place mondiale de lobbying derrière Washington : le nombre de lobbyistes en activité serait d’environ 50 000 et se départag