En quoi l’organisation du travail est-elle sujette à discussion, à intervention ?

Laurence Théry. L’Aract intervient à la demande des entreprises autour de la qualité de vie au travail (QVT), c’est une façon de travailler les questions d’organisation du travail de management, de dialogue social, de contenu du travail, de charge, etc. Nous nous appuyons sur le dialogue social et professionnel pour instruire, avec les différents acteurs (managers, direction, représentants du personnel) les questions liées à l’organisation du travail. L’Aract n’est pas conseil de direction ou conseil des organisations syndicales. Elle accompagne l’entreprise en mettant sur un pied d’égalité les organisations syndicales et les dirigeants, afin d’animer un dialogue sur l’organisation.

La mise en œuvre de ce dialogue est parfois tendue. Certaines directions voient cela comme un pouvoir qui leur échappe et certains représentants du personnel peuvent ne pas se reconnaître dans cette responsabilité. En France, historiquement, l’organisation du travail est laissée au patronat. C’est l’ANI QVT en 2013 qui replace les enjeux d’organisation au cœur du dialogue social, en affirmant que c’est dans la co-construction que s’élaborent les compromis au service d’une performance économique et sociale durable.

Travailler l’organisation du travail cela veut dire favoriser sa construction collective, savoir l’ajuster, voire la modifier en fonction des contraintes externes et des ressources des acteurs. C’est un apprentissage pour l’entreprise. Et les échecs sont possibles. Il n’y a pas d’organisation idéale. Ce qui est idéal est de pouvoir expérimenter, évaluer au regard des effets sur la production, sur la santé, sur le travail, revenir en arrière, constater les réussites et les points d’amélioration… Il ne s’agit pas de fixer une organisation prescrite à plusieurs mais de piloter l’entrep