« L’UCC s’est toujours distinguée, tout au long de son histoire, par son engagement en faveur d’une connaissance précise du monde des cadres. Partant du principe qu’une telle expertise aidera le mouvement syndical à préciser ses orientations » relève le sociologue Tanguy Cornu lors des travaux sur les quarante ans de cadres CFDT.

Cette expertise n’est pas abstraite et passe d’abord par l’écoute des salariés. « Représenter les salariés, c’est aussi être capable de formuler ce qu’ils nous disent d’élaborer un système de représentation – au sens intellectuel du terme – qui ne soit pas un simple cahier de doléances. C’est sur cet échange avec les salariés que nous fondons notre action et que nous élaborons nos revendications » précise François Fayol1. Une posture qui contribue à la notoriété auprès des cadres de l’UCC devenue CFDT Cadres, en leur fournissant des réponses concrètes aux enjeux de leurs expériences quotidiennes. Dans les années quatre-vingt, les travaux sur les évolutions technologiques et leurs impacts sur les métiers aboutissent à la parution en 1985 de l’ouvrage Du printemps dans les métiers, édité par l’UCC et consacré aux transformations du métier de cadre, renforcent cette conception du syndicalisme. L’intense activité éditoriale de l’UCC n’en est qu’à ses débuts.

En 2002, la grande enquête « Travail en questions – Cadres » associe diverses fédérations et des organismes de recherche. Le TEQ est une méthode militante d’enquête utilisée par la CFDT depuis 1994. Les militants sont munis de questionnaires auprès des salariés dans l’entreprise. Les analyses sont croisées avec le point de vue de chercheurs. L’enquête débouche sur une analyse renouvelée du monde des cadres qui prend la forme d’un livre : Les Cadres au travail, sous