Les managers syndiqués

L’adhésion syndicale est un plus. Un ancien secrétaire général de l’Union confédérale des cadres, Daniel Croquette, avait même inventé les « 5+ » : pour la qualifier : un plus professionnel, un plus personnel, un plus pour l’entreprise, un plus pour la société et un plus pour le syndicalisme. Mais l’adhésion peut aussi amener des difficultés qu’il faudra dépasser : suspicion (parfois) du top management, étonnement des collègues, agressivité des autres syndicats... Combien de fois n’a-t-on pas entendu de la part de certains responsables hiérarchiques cette expression adressée à des candidats au passage cadre ou à une promotion, ou simplement à des responsables en fonction désireux de se syndiquer : « Vous ne pouvez pas être cadre et syndiqué, c’est incompatible ! » Comme si la loyauté envers l’entreprise ne pouvait pas cohabiter avec une appartenance syndicale sous la forme d’une adhésion, même sans parler d’engagement militant avec un mandat de représentation...

Cela reste pourtant aujourd’hui une réalité qui doit être combattue avec beaucoup de fermeté, non seulement parce qu’elle est illicite, mais également parce qu’une telle attitude est la caricature d’une pensée implicite d’un syndicalisme qui jouerait systématiquement contre l’entreprise. De multiples exemples prouvent au contraire à quel point les salariés et leurs représentants sont bien souvent plus attachés à la pérennité de l’entreprise que ne le sont leurs dirigeants éphémères !

Un manager qui s’exprime et conteste risque sans doute plus qu’un autre une mise à l’écart. Cela peut être encore plus vrai pour un manager syndiqué. Si la hiérarchie, simplement parce qu’un manager est syndiqué, transmet moins d’informations, donne moins de responsabilités (ce qui peut mettre en position de faiblesse, voire en difficulté), sachez