Que signifie aujourd’hui aller au travail ?... Le lieu participe au bornage du temps de travail. Entrer en salle de réunion, quitter son bureau, sortir de l’atelier, etc. : le déplacement dans l’espace fixe l’activité. Car l’enjeu est celui de la dispersion. Celle-ci permet de s’isoler pour se déconnecter de la surcharge informationnelle, mais elle porte le risque de défaire les bienfaits identitaires que produit l’unité de temps et de lieu. Usines et bureaux sont des espaces de reconnaissance et de coopérations informelles. La question du lieu est celle de la distance, de la relation d’emploi et de travail : distance avec la finalité de l’activité, avec les autres, avec la prescription. Le vent dominant pousse à l’atomisation des lieux, à l’autonomie contrainte et à la polyvalence, sur fond d’un capitalisme de plateforme. L’éparpillement pousse en effet loin la parcellisation. Est-ce la relation d’emploi, l’activité ou le poste qui définit le lieu ? Invitons-nous à penser les multiples scènes, permanentes ou irrégulières, à penser les aménagements à partir de la qualité des liens. Le lieu de travail ne détermine pas seulement les conditions de travail mais plus largement sur les conditions de l’appropriation de son activité quotidienne.