Le rôle prépondérant de l’Etat ne favorise pas la consolidation des corps intermédiaires ou la pérennisation des médiations. Le paradoxe de ces dernières années est de voir l’émergence de mouvements contradictoires dans la société civile : développement de la négociation locale et agenda social autonome mais affaiblissement des acteurs, de grandes associations sensibles à l’intérêt collectif mais une poussée de mouvements corporatistes ou radicaux, certains refusant les dynamiques représentatives au profit de l’expression directe et parfois violente. Si notre démocratie représentative s’est imposée dans son principe, elle est questionnée, voire fragilisée dans son fonctionnement. Les crises sociales (1995, 2006, 2010, 2016) comme les poussées populistes et autoritaires depuis 2017 ou la crise sanitaire en 2020 montrent la difficulté de compliquer la démocratie et d’enrichir les mécanismes de régulation.